Une étude de Santé publique France publiée dans la revue Hypertension révèle des chiffres édifiants : la réduction progressive du sel dans le pain, engagée par la filière boulangère depuis 2022, permet d’éviter jusqu’à 8 400 hospitalisations et plus de 136 000 journées d’hospitalisation par an. Une preuve concrète qu’un ajustement nutritionnel discret mais à grande échelle peut transformer la santé publique.
Symbole incontournable du patrimoine gastronomique français, le pain s’invite quotidiennement à la table de millions de foyers. Cependant, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), il représentait jusqu’alors près de 25 % de l’apport quotidien en sel des Français. C’est précisément cette omniprésence qui en fait un levier d’action privilégié pour la prévention médicale. En 2022, la filière de la boulangerie signait un accord collectif ambitieux avec le ministère de la Santé afin de diminuer la teneur en sel du pain. L’objectif était clair : réduire graduellement les teneurs en sel dans l’ensemble des catégories de pains, sans en altérer la qualité, la conservation ni le goût. L’évaluation publiée par Santé publique France dans la revue scientifique “Hypertension” démontre l’efficacité exemplaire de cette mesure. En diminuant la consommation moyenne de sel de seulement 0,35 gramme par jour et par personne, la pression artérielle globale de la population régresse. Cette baisse ciblée réduit directement l’incidence des pathologies cardiovasculaires, cérébrovasculaires et rénales.
Une mobilisation collective de toute la filière
Ces résultats prometteurs découlent de l’engagement massif des meuniers, artisans et entreprises de la boulangerie. Selon le bilan de l’Observatoire de l’alimentation (Oqali) publié fin 2025, plus de 80 % des pains analysés respectent désormais les seuils définis dans l’accord. Réduire le sel en panification représentait un défi technique : le sel intervient directement dans le goût, la texture et la sécurité des produits. La filière a su adapter ses recettes pour répondre à cet enjeu de santé publique tout en préservant le plaisir gustatif. « Ces résultats démontrent que les démarches volontaires portées par les professionnels peuvent avoir un impact concret et mesurable sur la santé des Français. La filière boulangerie est fière d’avoir contribué à cette avancée collective, qui concilier responsabilité, innovation et plaisir alimentaire », affirme Paul Boivin, Délégué Général de la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB).
Prochaine étape : cap sur la réduction du sucre
Fort de cette réussite sanitaire et industrielle, le secteur de la boulangerie ne compte pas s’arrêter là. La Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) travaille actuellement avec les pouvoirs publics à l’élaboration d’un nouvel accord collectif visant à réduire la teneur en sucre dans les viennoiseries et pâtisseries. L’ambition reste identique : accompagner les attentes des consommateurs et les objectifs de santé publique tout en préservant le savoir-faire, le plaisir et la gourmandise.
Depuis plus de 80 ans, la FEB fédère les acteurs majeurs du secteur Boulangerie, Viennoiserie, Pâtisserie (BVP). En 2025, ses adhérents représentent plus de 53 800 salariés, 180 ateliers de production, 2 000 points de vente et près de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont 20 % à l’export).

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